plaidoyer pour les animaux

Achat :

Nous tuons chaque année 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins pour notre consommation. Un massacre inégalé dans l’histoire de l’Humanité qui pose un défi éthique majeur et nuit à nos sociétés : cette surconsommation aggrave la faim dans le monde, provoque des déséquilibres écologiques, est mauvaise pour notre santé. En plus de l’alimentation, nous instrumentalisons aussi les animaux pour des raisons purement vénales (trafic de la faune sauvage), pour la recherche scientifique ou par simple divertissement (corridas, cirques, zoos). Et si le temps était venu de les considérer non plus comme des êtres inférieurs mais comme nos « concitoyens » sur cette terre ? Nous vivons dans un monde interdépendant où le sort de chaque être, quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s’agit pas de s’occuper que des animaux mais aussi des humains.

 

Ce que j’ai à dire sur ce livre

 

Plaidoyer pour les animaux, de Mathieu Ricard est un essai philosophique et spirituel sur la cause des animaux en rapport avec nos sociétés modernes. Mathieu Ricard est un docteur en génétique cellulaire, un moine bouddhiste, un auteur ainsi qu’un photographe. Il s’agit là d’un livre accessible à un public adulte et universel, l’auteur ayant rédigé cet essai d’une manière tout à fait fluide et attrayante. Ce dernier se compose de 12 chapitres, chacun sur une notion bien précise, d’une introduction et d’une conclusion afin de résumer ce qui a été abordé.

Cet essai traite du sujet des animaux, de la manière dont nous les consommons et traitons, l’impact que ça a sur l’écosystème ainsi que les solutions possibles pour rétablir une harmonie générale. « Nous tuons chaque année 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins pour notre consommation». Nous les tuons dans la souffrance et sans respect. Un massacre inégalé dans l’histoire de l’Humanité qui pose un défi éthique majeur et nuit à nos sociétés : cette surconsommation aggrave la faim dans le monde, provoque des déséquilibres écologiques et est mauvaise pour notre santé.

En plus du traitement de l’animal pour notre alimentation, nous les instrumentalisons aussi pour des raisons purement vénales (trafics de la faune sauvage), pour la recherche scientifique ou par simple divertissement (corridas, cirques, zoos). Il ne s’agit pas de pousser au végétarisme (même si cela pourrait beaucoup nous aider car plus l’élevage intensif diminue plus nous avons de possibilités de mettre un terme à la faim dans le monde ; 1 hectare dédié à la production végétale peut nourrir 30 personnes toute l’année alors que cet hectare ne pourrait nourrir que 5 personnes avec un régime carné), mais de nous faire prendre conscience de la manière dont ces bêtes sont traitées et produites, de nous expliquer, de nous présenter à quel point on nous cache la réalité (les conditions de vie dans les élevages, le comportement déviants de certains employés, la réalité des abattoirs et nos perceptions face à leurs douleurs). Par exemple, on ne parle pas de « douleurs » pour les « soins des porcelets » qui consiste à leur couper la queue sans anesthésie dans les productions industrielles  mais de « nociception » qui est un terme inventé par Sherrington en 1906 et qui ne désignerait qu’un reflexe, qu’un stimuli. Or, pour nous et comme le dit Matthieu Ricard, si on nous tranchait un doigt ou un orteil en nous prévenant : « ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une affaire de nociception », ce serait tout à fait étrange.

Alors pourquoi cet écart ? Tout simplement pour nous donner bonne conscience de nos actions. L’auteur nous donne une liste de ces excuses  dont voici quelques exemples : « Les animaux ne souffrent pas, ou du moins pas comme nous », « nous avons le droit d’exploiter les animaux comme bon nous semble car nous sommes beaucoup plus intelligent qu’eux » ou bien tout simplement « il faut bien vivre ». Des excuses données pour nier le fait de faire souffrir les animaux, juste pour se persuader que ce que l’on fait est « bien » ou « normal ». L’homme est habitué à se croire le monopole de la civilisation, le seul possédant une culture, mais nous ne sommes pas si différent des animaux en dépit de l’apparence finalement. Nos récits mythologies, nos textes religieux, certaines idées scientifiques et philosophiques ont fait perdurer dans nos esprits la pensée que l’animal n’a pas d’âme, n’est qu’une « machine » comme l’affirmait Descartes, mais c’est faux. Nous sommes tous des êtres sensibles, vivants et  nous sommes des parents proches du point de vue de la génétique selon Langaney.

L’homme possède la faculté de se diviser en plusieurs ethnies, en plusieurs civilisations, de parler, de communiquer avec des phrases, avec une certaine complexité syntaxique que n’ont pas les animaux, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont incapables de communiquer : la danse des abeilles par exemple ou encore le chant des baleines. Le chimpanzé sait aussi parfaitement envoyé des messages aux membres de son groupe qui sont hors de vue. « Nombre d’espèces utilisent leurs différentes facultés pour constituer des cultures qui leur sont propres, ce qui est la meilleure façon, pour chacune d’elles, de survivre et d’être « sujets » de leur vie » écrit Matthieu Ricard.  L’animal a une capacité incroyable d’adaptation à son environnement et est aussi capables d’acquérir des connaissances complexes malgré ce que pensent des philosophes. L’auteur mentionnent l’exemple des chimpanzés : « Certains chimpanzés sauvages reconnaissent jusqu’à deux cents espèces de plantes. Ils connaissent la fonction de chacune d’elle (dans le cas de plantes médicinales) ». Les chimpanzés sont donc leur propre médecin.

Il est donc important de ne pas négliger ces informations. L’animal a son propre fonctionnement, tout comme l’homme alors pourquoi vouloir le faire paraître pour ce qu’il n’est en rien ? Pourquoi le dénuder de toutes connaissances, toute faculté comme si ce n’était qu’un corps vide, qui réagit par pulsions ? Parce que ça nous arrange. Nous préférons le percevoir ainsi pour continuer à le sévir. Prouver le contraire nous pousserait à revoir nos mentalités et il serait peut-être temps d’atteindre ce stade. Matthieu Ricard essaie de nous rendre compte que sur beaucoup de point, nous nous ressemblons, pas seulement à travers nos capacités diverses comme celles du divertissement (les perroquets kéas font des boules de neige en hiver) ou bien du loisir créatif (il mentionne le cas de deux chimpanzés en captivité, Alpha et Congo qui ont dessiné des centaines de dessins qu’ils avaient colorié et leur manière de tenir les pinceaux, de s’appliquer, était soigneuse, concentrée puis des progrès ont été visibles au fil des jours), mais aussi à travers notre Histoire.

Nous avons connu, nous avons subi le génocide, mais dans le cas des animaux nous appelons ça « zoocide » car le terme de « génocide » ne s’applique qu’à l’espèce humaine. Après avoir goûté à la monstruosité, pourquoi continuer à les traiter ainsi ? Les hommes ont connu la tuerie en masse, la déshumanisation, la douleur, la souffrance, le désespoir alors que connaissent aujourd’hui les animaux ? Ils ne sont même plus des animaux, mais des « choses », ils souffrent constamment, agonisant à chaque instant. Ils vivent ce que nous avons vécu durant des années, mais eux le vivent toute leur vie, de leur naissance à leur mort dans divers buts : science, divertissement, travail, nourriture etc. Il ne s’agit pas là de tout cesser, mais d’apprendre à changer nos manières, d’améliorer les conditions de vie et de mort de ces animaux, qu’on cesse enfin de les considérer comme de simples objets qui ne souffriraient pas, seulement parce qu’on a décidé de croire à cette idée. Cet essai aspire à changer les mœurs et à traiter les animaux, au fil du temps, avec le respect qui leur est dû. Si nous étions Animal au lieu d’Homme, ne voudrions-nous pas être traités avec respect et intérêt ?

Cet essai était une formidable découverte, une lecture enrichissante et poignante. Je suis depuis toute petite pour la cause des animaux sans vraiment savoir ce qu’il leur arrivait : pas dans les détails du moins. Comme ces patrons d’abattoirs le veulent, nous demeurons tous dans une ignorance totale. Nous soupçonnions mais nous ne savons jamais vraiment ce qu’il se passe.  Nous sommes tous avertis par les médias de certains traitements tels que les trafics, les cirques, mais aucun de nous n’a véritablement conscience du degré de souffrance et d’ignorance que ces pauvres êtres qui n’ont rien demandé ni fait subissent. Plusieurs détails, plusieurs termes mentionnés dans cet essai sont approfondis et expliqué, ce qui nous permet de mieux appréhender le sujet. Cet essai peut profondément toucher ses lecteurs et les pousser à changer leur manière de faire et de penser. La volonté première de cet essai n’est pas de pousser au végétarisme, même si ce serait une solution. Cependant, ce n’est pas en changeant de régime que les animaux vont cesser de souffrir. La prise de conscience, la compréhension et l’abandon de cet ignorance voulue ou appliquée, sont vital pour comprendre et ce n’est qu’en étant confronté à la vérité que nous pourrons évoluer en bon terme.

Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard n’est pas un simple essai qui se contente de nous expliquer les situations que vivent ces êtres trop ignorés, mais ils nous donnent des détails, des témoignages, bâtit ses explications, ses contre-rendus sur les paroles des personnes qui sont de cette pensées, qui ne voient l’animal que comme un bien de consommation et ceux qui tendent à les aider. Ce n’est pas qu’un simple récit, mais une mise en avant de notre réalité, à travers des témoignages, des cas, des exemples bien précis. Il apporte une véritable prise de conscience, une invitation à changer nos habitudes et nos mentalités.

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une cours durant ma première année de licence. Et ce texte est une partie d’un dossier que nous devions faire sur cette lecture. C’est un livre qui m’a profondémment marqué et je voulais donc partager avec vous cette lecture.

 

Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ? 

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