Être malade tout en étant étudiant n’est pas chose facile. Entre les cours qui ne vous attire pas tellement, votre remise en question constante, vos doutes, vos chutes, les mauvaises notes, la réussit (ou non des partiels ou contrôles continu), les soucis dû à un mauvais remboursement de la sécurité sociale étudiant etc. Être étudiant n’est déjà pas simple. On entre partiellement ou totalement dans une certaine vie active, dans un milieu où nous sommes plus suivis par nos professeurs,  ou nous sommes totalement abandonné dans la nature et opprimés par ces foutus problèmes d’administration. Vous connaissez tout ça ? On est tous dans la même galère en étant étudiant, certains bien plus que d’autres.

J’ai encore la chance de vivre chez ma mère, le temps que mon petit-ami trouve un emploi pour pouvoir fonder notre propre ménage. Néanmoins, même avec ma mère, c’est parfois houleux. La galère continue à l’extérieur ou à l’intérieur.

Ce n’est pas facile de savoir quoi faire plus tard. On fait plusieurs années d’études, on poursuit des cours, on s’acharne parfois à réussir, mais pour quoi au final ? Devenir caissier dans un Lidl ? Je ne dénigre pas le métier, loin de là, mais avoir un bac+5 pour finir ainsi, autant se dire que l’on a détruit plusieurs années de nos vies.  Je suis actuellement en seconde année de Licence en études Culturelles. J’ai débuté cette licence avec de la bonne volonté, avec de l’espoir, puis je suis malheureusement tombée malade. Et cette maladie n’aide en rien. Je suis parvenue à avoir ma première année haut la main (entre 12 et 13 de moyenne) grâce aux rattrapages. Mais pour cette seconde année, c’est plus compliqué. Les choses s’obscurcies. Je n’ai plus cette bonne volonté que j’étais parvenue à protéger jusqu’alors. Je ne sais plus quoi faire de ma vie et je réfléchis à différents plans : B, C ou D, me tournant vers des postes que je n’envisageais pas avant mais dont je suis certaine qu’ils sont recruteurs. Il faut bien gagner sa croûte. Il faut bien vivre.

J’ai toujours voulu travailler dans le littéraire, Bibliothécaire, Libraire ou, au mieux, éditrice, mais ce sont des métiers tellement peu recruteurs, tellement fermés, que j’en viens à me demander si j’y arriverais. Je pensais donc passer le concours d’assistant bibliothécaire catégorie B, pour avoir un diplôme dans ce domaine, mais aussi passer le concours d’aide-soignante, car une amie à ma mère l’a passé, m’a expliqué le métier et m’a assuré que c’était un métier très recruteur et enrichissant. J’aime aider les gens, et apprendre de nouvelles choses m’intéresse beaucoup, alors pourquoi pas moi ? Mais que vais-je dire d’ici un an ? Vais-je encore changer d’avis ? Vais-je au moins réussir cette seconde année, puis cette troisième, sans encombres ?

Je ne sais pas parler anglais, je n’ai plus vraiment de motivation, je suis malade, je fais des crises à longueur de temps, je suis obnubilée par la nourriture, je suis à quelques doigts d’avoir une sonde durant une semaine (Mon médecin me l’a conseillé comme moyen de « sevrage » contre la boulimie), je suis fatiguée, je suis attristée, je n’ai plus aucune confiance en moi. Comment puis-je réussir ? J’essaie de m’entourer au mieux, de me forcer, mais ça ne dure qu’un court temps et puis je rechute. J’ai l’impression de reculer au lieu d’avancer.

  • J’ai l’impression de n’être capable de rien.
  • Je me sens comme un merde, une moins que rien.
  • J’ai l’impression que la vie n’est pas pour moi.
  • J’angoisse du présent, et encore plus de l’avenir.

étudier et être malade, ce n’est pas compatible. Pourtant, j’essaie de tenir bond, j’essaie de montrer que je vaux quelque chose, j’essaie d’ignorer cette petite voix dans ma tête me hurlant que je ne suis rien, que je ne vaux rien et j’essaie d’avancer malgré l’orage qui hurle au-dessus de moi. J’avance très lentement, mais j’avance.

J’essaie de rester positive. J’essaie d’être normale.  J’essaie d’être une étudiante. Il y a des chutes, beaucoup, beaucoup trop, mais on se relève. Il le faut bien.

Être étudiant n’est déjà pas simple. J’idéalisais le fait d’être étudiant à la Faculté lorsque j’étais au lycée, mais finalement, j’ai eu tort, ce n’est pas du joli, mais c’est une manière d’être confronté à la réalité du monde, au problème que tout être lambda peut affronter au cours de sa vie, les échecs, les problèmes et il faut savoir les gérer seul.

Être étudiante ET malade, c’est un poids en plus, mais ça ne fait pas de moi une privilégiée. Je ne le supporterais pas. C’est à moi de combattre cette malade, ce n’est pas à ma fac ou à mes proches de s’y adapter.

Si vous êtes étudiant ET malade, quel en soit la manière, battez-vous. Je vous encourage. Je vous embrasse et vous soutient. Car il en faut pour avancer.

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