Je reviens vers vous pour vous parler à nouveau de la maladie que je subis. J’avais déjà écrit un article pour vous expliquer ce que c’était, ce que je vivais et de quelle manière ça c’était manifesté. Aujourd’hui, il est temps de vous apporter quelques conseils, de faire le bilan pour ce début d’année et parce qu’écrire sur mon blog, écrire via des photos instagram a un effet thérapeutique et m’aide parfois à avoir de nouveau le sourire.

Depuis les fêtes de fin d’année, la maladie a fait des siennes, me faisant constamment vomir, m’empêchant le moindre plaisir. Je n’ai pas arrêté de me vider l’estomac et la soirée du nouvel an n’en a pas fait exception. Je pensais pouvoir me contrôler ensuite, reprendre ma vie en main, mais les partiels qui ont suivi ne m’ont pas aidé. J’ai continué à vomir, moins, mais à vomir tout de même, notamment le soir. J’appréhende constamment le soir.

En fait, le principal problème que je repère c’est que je ne supporte pas que mon ventre soit rempli, de ressentir cette sensation de pesanteur, de gonflement. Beaucoup diraient « mais c’est normal ! ». Oui, pour les personnes qui ne sont pas malades, ça l’est, mais après 1 an dans cette maladie, je ne sais même plus ce qui est normal ou non, je hais cette sensation d’avoir le ventre plein qui actionne une alarme dans ma tête, me hurlant « tu vas être grosse le lendemain, vomis ! ». Ce n’est pas normal d’être comme ça et c’est très dur à vivre.

Certes, les choses ce sont améliorées, je ne suis plus en état de famine, j’arrive à manger, mais les vomissements est l’action la plus préoccupante car ça tue à petit feu, ça détruit lentement l’intérieur du corps sur le long terme et ça peut entraîner de graves conséquences irréversibles. J’en ai marre de regarder ma nourriture, non plus avec dégoût comme au début de la maladie, mais avec peur, me demandant si c’est gras ou non, si ça va me faire grossir, si les quantités ne sont pas trop grandes ou si je vais pouvoir m’arrêter de manger lorsque je vais commencer.

Une partie de moi se plaît dans cet état. En ce moment, je vomis mes repas parce que finalement ça me plait de vomir, ça me plait de me vider car aucun risque de grossir. Parfois, je crise volontairement pour être sûre de devoir me vider ensuite. C’est un cercle très vicieux.

UN CONSEIL

Le seul conseil que je puisse donner à toutes personnes commençant à subir cette mentalité, ces actes, ces envies de se vider à chaque repas ou de se priver de nourriture, parlez-en. C’est important d’en parler à ses proches, à son petit-ami voire, le mieux, à son médecin traitant. Ces derniers pourront vous aider à vous prendre en main, pourront vous soutenir moralement. L’anorexie mentale est une étape avant l’anorexie. On a la mentalité, mais il suffit d’un rien finalement pour tomber dans la véritable anorexie, et souvent on descend très bas, trop bas et c’est là que les pires catastrophes commencent. L’anorexie mentale entraîne l’asociabilité. Vous allez vous écarter de vos amis, de votre famille, de toute autre personne et vous isoler, entrer dans une phase de mutisme. Alors parlez-en le plus tôt possible. C’est vraiment l’un des meilleurs conseils que je puisse vous donner. Si un de vos parents n’acceptent pas la maladie, la nie, car cela reste un risque très récurents, parlez-en à un médecin, absolument. Allez voir une nutritionniste, allez voir un psy, faites en sorte de vous en sortir avant que la maladie ne vous enfonce.

Note importante : ces troubles ne se voient pas. La personne concernée ne va pas le montrer, mais tout faire pour le cacher car elle passe par un état où elle nie que ce qu’elle fait est mauvais pour elle et que c’est une maladie.  Ce sont les actes qui les distinguent. Si cela entraîne des risques physiques trop conséquents, c’est que vous êtes dans l’anorexie, la vraie, celle qui met votre santé et votre vie en danger. Ce n’est pas parce que ça ne se voit pas, que ce n’est pas une maladie. Se sous-alimenter, se priver, se vider ou remplir volontairement l’estomac sans pouvoir s’arrêter ce n’est pas NORMAL. Vous comprenez ? Si ces actes de manifestent et perdurent c’est que vous êtes malade d’une manière ou d’une autre, que votre corps va changer, peu importe le degré, mais de la pire des manières. Et tout cela n’est pas sans conséquences.

help-me

Se combattre soi-même c’est le chaos. Je me combats moi-même, car, comme je l’ai dis plus haut, une part de moi, celle qui domine le plus souvent, se plaît dans cette maladie. Récemment, j’ai vécu deux jours absolument horribleS qui pourraient représenter mon mental post-partiels. J’ai vomi 2 à 3 fois dans une seule soirée, à force de vomir et de manger encore, criser ensuite. Et le lendemain, toute la journée, j’ai vomis, vomis vomis, 2, 3, 4, 5, j’ai arrêté de compter. Même le simple fait de croquer deux fois dans une pomme me donnait envie d’aller vomir. Le vomissement est limite devenus un réflexe, comme si c’était la normalité des choses, comme si finalement, tout le monde le faisait. J’ai parfois du mal à me dire que c’est anormal ce que je fais car il n’y a aucune conséquence derrière.

AUTODESTRUCTION

J’ai fait un bilan sanguin complet et est excepté mon taux de créatine et mes globules blancs un peu bas, je n’avais rien de bien conséquent. J’étais déçue. Déçue qu’il n’y ait rien de grave. Peut-être que cela me ferait finalement réagir, s’il m’arrivait quelque chose. J’ai envie qu’il m’arrive un truc grave, très grave, voire pire, j’évite d’y penser car j’ai peur de prendre connaissance de ces idées terriblement noires qui surviennent.

Je suis suivie par un formidable psychiatre spécialisé dans la dépression. On avait vu des progrès avant, mais j’ai rechuté aujourd’hui. Je suis incapable de me concentrer très longtemps, je suis régulièrement fatiguée peu importe mes heures de sommeil et ma libido bat de l’aile. J’ai vu une amélioration, succinctes, infime. Mon Amour et moi avons bien passé au moins 8 mois sans rien faire d’ordre sexuel. Le refus de montrer mon corps, le dégoût de moi-même. C’était platonique. Peu d’hommes acceptent ça, c’est pourquoi je suis chanceuse d’être tombée sur un homme aussi attentionné, là pour m’aider quand ça ne va pas, et comprenant parfaitement ma situation. Mais étant donné mon état aujourd’hui, j’ai bien peur de me renfermer à nouveau dans cet état platonique à nouveau. Il y a des périodes comme ça, où tout va mal. Puis il y a des périodes, plus courtes, où tout va bien, où on a l’impression d’être guérie. Mais ça ne dure jamais très longtemps, car cette remise en question constante de soi revient au triple galop.

depression

Je suis tout récemment suivie par une nutritionniste près de ma fac. Une nutritionniste spécialisée dans la boulimie, les TCA, l’obésité etc et j’ai eu un excellent feeling avec elle. Elle m’a conseillé d’écrire à chaque fois que j’avais ces pulsions de boulimie ou de vomissements. Une pulsion ne dure que 3 minutes et l’écriture pourrait aider à faire passer cette « pulsion ». Mais j’ai beau essayé, ça ne marche pas. Je vomis toujours autant. Néanmoins, je me suis automatiquement concernant la santé, l’écriture et ainsi de suite avec mon Bullet Journal.

LES RISQUES

Les TCA, la boulimie, la dépression, tout cela entraîne des risques plus ou moins conséquents  selon la durée de la maladie. La perte de cheveux est souvent l’un des premiers signes de la maladie. Je l’ai subi et je la subis toujours.  Les trous dans le crâne, c’est assez moche et mes cheveux sont dans un sale état. Ensuite, un autre risque important : le déchaussement des dents. Il y a une détérioration de l’émail et de plus grands risques de caries, de maladies au niveau des gencives. J’ai perdu des morceaux de dent et mon dentiste à récemment dit que la maladie commençait à attaquer mes gencives. Il faut que vous alliez voir votre dentiste pour qu’il vous mette du fluor, ce qui va protéger vos dents durant les vomissements. Les vomissements entraînent une perte assez grande de vitamines dû à la dénutrition et de potassium. C’est pourquoi, un médecin est nécessaire pour qu’il puisse vous prescrire du potassium à prendre après chaque vomissement et des vitamines pour tenir le coup physiquement. Ensuite, il y a la peau qui ternies, les joues qui se creusent (forcément, avec une perte de poids plus ou moins conséquente et la dénutrition). La fatigue constante est aussi l’une des premières apparitions de la maladie due à des carences, au fait de ne pas manger, de vomir, de s’abîmer l’intérieur du corps. Et puis il a les plus graves risques après la perte des dents, ce sont des risques pour l’organisme, les organes vitaux, le cœur, le cerveau que les vomissements provoqués finissent par détruire. On ne sait jamais à l’avance comment notre corps va réagir. C’est pourquoi, il faut que vous soyez très vite suivis médicalement.

On tombe dans ce genre de maladie par haine pour nous-mêmes, dans le but de mincir, de perdre ces kilos superflus, mais finalement, notre corps n’en sort pas indemne. Pire encore, il peut ne pas s’en sortir du tout.

LE MOT DE LA FIN.

Je ne sais plus quoi manger, je ne sais plus comment manger ni en quelle quantité. Dès que je sens mon ventre gonfler, je vomis. Dès que je sens mon ventre rempli je vomis, dès que j’ai peur de grossir, je vomis. Je ne sais plus vivre normalement. Cette maladie perturbe, en plus d’un corps, une vie tout en entière en impactant sur celles de notre entourage le plus proche. Il faut savoir se soutenir entre nous, qui sommes malades, en ignorants les reproches que l’on peut nous faire par ces personnes qui nient, ignorantes ou simplement méchantes. Savoir différencier, celles qui veulent s’en sortir, qui souffrent de ces troubles de celles qui les prônent. Ces personnes sont absolument à éviter, à bannir de votre vie, sous peine de ne jamais vous en sortir, pire encore, de penser à prôner ces troubles à votre tour.

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Fin 2016, avant les fêtes, j’étais positive, mais en ce début 2017 je ne sais plus ni qui je suis, ni quoi faire. Il va me falloir beaucoup de temps, de volonté, de combativité, de travail, d’espoir pour parvenir à me reconstruire, à remettre en place le puzzle que je suis devenue en 6 années de remise en question car ces perturbations ont bien évidemment commencés bien avant les TCA. Ce n’est finalement qu’un détail qui ne fait que dégrader davantage qui je suis.

Mais je compte sur mon entourage, ces inconnus qui me contactent et offrent leur soutien comme lors du premier article (si vous passez à nouveau ici,  je vous en remercie du fond du cœur), sur mes instagram, sur l’écriture, sur l’amour de ma vie, sur ma chaîne Youtube etc pour tenter, peu importe le temps, de m’en sortir, de parvenir à mes objectifs physiques, psychologiques et professionnels.

Avec un bon entourage, on peut tous et toutes s’en sortir. En s’entraidant, se soutenant, nous allons tous vaincre la maladie. On ne se laissera pas abattre par ces merdes, même si c’est pénible. Peu importe le temps que ça prendra. Mais il ne faut en aucun cas rester seul(e)s face à ça.

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