Titre de l’œuvre : La confrérie des mutilés.

Auteur : Brian Evenson.

Genre(s) : Horreur.

Lectorat(s) : Adulte.

Citation :

« Ce n’était qu’un torse dépourvu de membres, aux tétons coupés et au pénis tranché. Il observa la poitrine se soulever au rythme de la respiration, de l’air qui sifflait en passant entre les dents. La façon dont le corps reposait avait quelque chose d’étrange, se dit-il en le poussant un peu, suffisamment pour constater que les fesses avaient été découpées. La bouche bredouilla quelque chose qu’il ne put comprendre car la majeure partie de la langue manquait. »

Présentation :

Après avoir perdu une main lors d’un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d’une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis. Mais, pour mener son enquête, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher, car pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d’être à chaque fois davantage amputé… Jusqu’où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l’insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ?

Critique :

Je suis tombée sur ce livre lors d’une brocante (encore et toujours !) et attirée par la couverture aussi révélatrice que mystérieuse par la  peinture rouge sur la main présentée, je l’ai acheté. Et je ne suis sérieusement pas déçue.

La couverture de ce livre n’est pas spécialement révélatrice de ce que l’on va lire au fil des lignes. Il s’agit simplement de la présentation d’une main couverte de peinture rouge. On ne s’attend pas à entrer dans ce genre d’histoire, mêlant horreur et réflexion intérieure. Car on se demande bien de quelle manière on peut en arriver là. On suit le personnage dans son enquête, dans sa douleur etc… et Brian Evenson est vraiment très bon pour la description. L’auteur nous plonge tout de suite dans une situation précise et c’est ce qui est le plus accrocheur. Nous n’avons pas le temps de nous reposer. Brian Evenson malmène et brutalise ses lecteurs du début à la fin par son langage cru et ses descriptions pour le moins… osées.

Il n’y a aucune remarque à faire à propos des dialogues. Ils ne sont pas trop nombreux et n’alourdissent en rien le roman. Les actions s’enchaînent de manière convenable et on a l’agréable impression d’être à la place du personnage principal, Kline, de se poser des questions, d’y répondre par nous-même et ainsi de suite. L’enquête qui nous est proposée est peu commune et extrêmement décalée. Il y a vraiment de quoi surprendre ou écœurer selon notre sensibilité. Le thème de la mutilation a excellemment bien été abordé car c’est de ça qu’il s’agit au final et non de simples amputations. D’ordinaire, on ampute quelqu’un en dernier recours. Or, dans ce roman c’est par plaisir, c’est une volonté, pour monter des grades dans la hiérarchie de cette étrange société.

Il y a vraiment de quoi se poser des questions. On peut effectivement se demander si ce genre de société existe réellement tellement. Brian Evenson m’a contrainte à m’interroger à ce sujet tellement cette histoire est bien ficelée, décrite et exploitée. Il n’y a rien à redire. L’ambiance et les décors sont plutôt sombres et glauques compte tenu de ce qui s’y passe.  

J’ai acheté ce roman sans trop savoir de quoi il parlait au final, sans connaître l’auteur, seulement parce que la couverture m’avait happée et je suis loin d’être déçue.  L’année où je l’ai lu, il a été mon coup de cœur. J’ai découvert un superbe auteur, une superbe plume et une histoire très bien menée.

Je la conseille à toutes les personnes attirées par ce genre d’histoire, qui ne soient pas trop sensibles aux descriptions détaillées comme la citation que j’ai citée plus haut. Je donnerai à ce roman un beau 17/20


Je le qualifierais comme étant Délicieusement Odieux.
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